Le mois d’octobre de l’an 2021 marquait la fin d’un travail de longue haleine dont les retombées n’allaient pas tarder à apparaitre, bien que progressivement. La publication de mon premier livre aura été un accomplissement personnel considérable, mais il ne trouve son sens que dans une conversation globale, dans laquelle les mots et les idées véhiculés dans Nos Grandes Causes Communes contribuent au débat d’idées, dans une République Démocratique du Congo qui cherche à dépasser ses contradictions et à se trouver un récit commun. 

Au milieu de la confusion qui abime le débat public, qui dénie à notre population le droit de se concentrer sur l’essentiel, qui réduit l’expression de la pensée soit aux hauts cris de la démonciation stérile soit au fanatisme aveuglé, l’horizon des causes communes nous invite à repenser notre rapport à notre prochain, à la République, à la nation congolaise, loin des extrémismes forcenés du pour et du contre et du oui et du non sans nuances.

Mon livre aborde les questions fondamentales de l’être congolais, de la citoyenneté, de la gouvernance, et de la forge de notre identité nationale. Il incarne la volonté délibérée de désapprendre les prêts-à-penser et les mythes du « peuple maudit », et d’apprendre à penser le Congo autrement. Il donne ainsi corps à un discours alternatif qui consacre la primauté du Vivre Ensemble et du Bien Commun, et qui nous inspire à prendre l’existant à contrepied. Cet existant n’a pas fini de faire peser son oppression sur nos consciences longtemps résignées, habituées à l’inertie et consacrées à l’absence de la volonté. À nous de l’ébranler.

J’ai rencontré, durant la vente et la promotion (en cours), des congolaises et des congolais qui ont répondu à la parution de mon livre avec un intérêt manifeste. L’engouement grandissant pour cet ouvrage autoédité a tout pour me contenter. Mais plus que la tentation de l’autosatisfaction et les compliments sur le savoir-faire littéraire que d’aucuns veulent gentiment me prêter, c’est l’adhésion aux causes majeures détaillées dans le livre qui importe plus que tout. Ces valeurs sont celles qui vont vers l’harmonisation des expériences de nos populations plurielles par leurs origines et par leurs statuts (Vivre Ensemble), et vers la consolidation de nos conditions matérielles d’existence, que je décris comme le Bien Commun.

Loin d’ètre une fin en soi, le livre qui ouvre des pistes du possible, est surtout un cadre théorique dans lequel peuvent et doivent se retrouver les consciences congolaises, autour de ce qui nous dépasse, de ce qui transcende les individualités et les particularismes des uns et des autres (tribus, religions, genres, partis), pour privilégier l’intérêt général.

J’affirme sans une once de doute que l’énergie est disponible dans notre pays pour faire cause commune. J’en ai capté des étincelles dans les poignées de main, dans les regards, dans les messages privés, dans les rencontres, dans les commentaires publics, dans les partages avec ceux qui se sont pris d’intérêt pour mes thèses, et même dans le contact avec certaines autorités au sein de l’appareil de l’État. Tous s’accordent pour reconnaître la nécessité d’un nouveau logiciel pour harmoniser nos efforts individuels, séparés et égoïstes, et pour en provoquer d’autres, plus fédérateurs. C’est cette nécessité qui légitime l’ambition d’agir et de s’impliquer dans les affaires de notre pays, les affaires de nos vies.



J’ai expérimenté à nouveau la force des idées qui en plus de présenter des situations devenues banales par l’habitude, prolongent l’exercice descriptif de la pensée contemplatrice dans l’initiative de proposition, pour refaire notre monde de manière concrète, pour le débarrasser des défauts que nous lui reconnaissons, et pour lui donner un nouveau visage. 

À vrai dire, tout est parti de Twitter, de ce petit espace dont on ne cesse de nous dire qu’il ne représente pas le monde réel. Dans mon cas, ce virtuel éminent a eu ceci de positif : il a été le vecteur de l’entrée de Nos Grandes Causes Communes dans le monde réel. De manière nette, le virtuel s’est fait l’écho de la matérialité de nos vies de chaque jour décrite par moi, et a permis, en facilitant la conversation, de dire comment nous allons réorienter l’expérience congolaise vers de meilleures perspectives, d’un mot à l’autre, de l’Ensemble au Commun.

L’Ensemble c’est le Congo, constitué à travers les cycles d’une histoire passée que nous ne saurions réécrire, mais surtout appelé à un futur que nous pouvons et que nous devons façonner, à notre sauce. C’est la sauce du Commun.

En prenant la plume pour faire un livre, j’ai certainement mesuré la difficulté mais aussi l’opportunité que représente notre pays. J’ai réalisé, toujours en écrivant, que la pensée, aussi petite soit-elle, à l’instar du premier atome, peut porter l’infini, et en s’exprimant, provoquer des transformations créatrices que plus rien ne saurait arrêter. Le livre Nos Grandes Causes Communes est fait de ces pensées qui d’une page à l’autre se frayent un chemin au grand jour, vers la lumière, là où les pensées de l’esprit ravitaillent les âmes et les bras dans une guerrre désespérée pour l’essentiel déterminant.

313